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Le désir d'être - René Daumal

Semaine 05 - 21 au 26 août 2022

Pour cette cinquième semaine, j'ai choisi de vous partager un poème de René Daumal, un écrivain français chercheur de vérité et montagnard, qui parle du désir d'être. Notre réflexion tournera autour de la signification de ce texte fort et de ce qu'il peut nous apprendre sur l'éveil spirituel.

Né le 16 mars 1908 et décédé le 21 mai 1944, Daumal est un écrivain et poète français plus connu dans le monde anglo-saxon que dans la francophonie.
Il est l'auteur de La Grande Beuverie, roman qui présente sur le ton de l'humour caustique une critique des rouages de la société et des faux-semblants des comportements humains, et du roman allégorique Le Mont Analogue, sous-titré Un roman d'aventures symboliquement authentiques et non euclidiennes d'escalade de montagne. Ces deux ouvrages sont basés sur son amitié avec Alexandre de Salzmann, un élève de G. I. Gurdjieff, et sur le radical travail sur soi qu'il entrepris à leur suite.
Il écrivit également de nombreux articles sur la spiritualité hindoue qu'il avait étudiée dans les textes puisqu'il avait très jeune appris le sanscrit. Il laisse également des poèmes éclairants comme La Guerre Sainte, parabole de la guerre intérieure qu'il menait avec lui-même pour accéder à l'être réel.
Il décède à 36 ans, des suites de la tuberculose qu'il avait sans doute contractée plus jeune en s'intoxiquant au tétrachlorométhane (CCl4) dont il se servait pour tuer les coléoptères qu'il collectionnait mais également pour se plonger volontairement dans des intoxications proches d'états comateux (ressemblant à ce que certains appelleront plus tard expériences de mort imminente).
Je vous invite à découvrir cet auteur qui fut un grand et authentique chercheur de vérité en quête d'absolu.

René Daumal avait précédemment fondé à Paris en 1928, avec Roger-Gilbert Lecomte, Roger Vailland et le peintre Josef Síma, la revue Le Grand Jeu, cri de révolte contre un Occident rationaliste qui a oublié le noyau de la vérité absolue énoncée par « les Rishis védiques, les Rabbis cabalistes, les prophètes, les mystiques, les grands hérétiques de tous les temps, et les poètes, les vrais » et notamment Rimbaud. Josef Síma réalise un portrait de René Daumal en 1930. La revue connaît trois numéros de 1928 à 1930, le quatrième reste dans les cartons. C'est après la cessation de la revue que Daumal rencontre l'enseignement de Gurdjieff qu'il suivra et mettra en pratique jusqu'à son décès.

En haut, photographie de René Daumal en mai 1944, quelques jours avant sa mort, et portrait de René Daumal par Josef Sima, 1930.


Jour 1

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Transcription :

Alors que je m'apprête à quitter la montagne, je vous propose, comme thématique de la cinquième semaine de la Minute Spirituelle, de réfléchir sur une poésie de René Daumal, cet écrivain montagnard né en 1908, décédé en 1944, qui fut un grand chercheur de vérité et un passionné de montagne.
Le texte de René Daumal parle du désir d'être. Voici ce qu'il nous dit :

"Je suis mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaie pas de donner ;
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaie de se donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien,
Voyant qu’on est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on vit."


Jour 2

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Transcription :

J'ai proposé hier à votre réflexion un texte dense de René Daumal qui nous parle du désir d'être.
Il résume en effet, en quelques phrases concises, l'itinéraire qui mène l'être humain de son état ordinaire à la prise de conscience d'un développement spirituel, donc d'un travail sur soi, pour accéder à la vie en plénitude.
"Désirant devenir, on vit", nous dit René Daumal, et l'on comprend mieux alors le sens de la première phrase, "je suis mort", sous-entendu à la vie spirituelle, parce que je n'en ai pas le désir, et je n'en ai pas le désir parce que "je crois posséder", parce que je pense que la vie se résume à avoir, a accumuler des possessions et non à travailler pour développer mon être et accéder à une dimension plus large.


Jour 3

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Transcription :

De retour à mon domicile, je poursuis la Minute Spirituelle de cette semaine consacrée à ce texte de René Daumal sur le désir d'être.
La première phrase, dont nous parlions hier, nous dit : "je suis mort parce que je n'ai pas le désir, je n'ai pas le désir parce que je crois posséder", je suis mort à la vie spirituelle parce que je ne la recherche pas, je ne la recherche pas parce que je me contente de posséder des biens, des objets, et que cela me donne une illusion de sécurité et d'identité qui me suffit.
Mais on peut également élargir le sens du mot posséder, et parler de possession de pouvoirs psychiques, de pouvoirs de guérison, de pouvoirs paranormaux, et René Daumal nous met en garde, en nous disant que posséder de tels pouvoirs ne signifie pas forcément être entré dans la vie spirituelle, qui elle concerne un travail sur soi, un travail sur l'être.


Jour 4

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Transcription :

Poursuivons notre lecture du texte de René Daumal sur le désir d'être.
"Je suis mort parce que je n'ai pas le désir, je n'ai pas le désir parce que je crois posséder", et il enchaîne "je crois posséder parce que je n'essaie pas de donner, essayant de donner on voit qu'on a rien".
Bien sûr, il faut se rappeler que René Daumal dans ce texte aride, destiné à nous provoquer à la réflexion, se place au niveau de la vie spirituelle, et il nous dit donc que, au moment où on essaie de donner, on découvre que, sur le plan essentiel, tant que nous n'avons pas fait un travail de développement personnel, de travail sur soi, nous n'avons rien de fondamental à transmettre à l'autre, qui puisse l'aider lui-même à se développer spirituellement.


Jour 5

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Transcription :

Poursuivons la lecture du texte de René Daumal sur le désir d'être.
"Je suis mort parce que je n'ai pas le désir, je n'ai pas le désir parce que je crois posséder, je crois posséder parce que je n'essaie pas de donner, essayant de donner, on voit qu'on n’a rien".
C'est dans la volonté d'un don essentiel que l'homme peut-être amené à comprendre que son avoir ne tient pas, qu'il n'a rien qui vaille. Alors il décide de se donner, "voyant qu'on n’a rien, on essaie de se donner, essayant de se donner, on voit qu'on n’est rien".
En essayant de se donner, l'être humain est confronté à ses contradictions, à son instabilité intérieure, à son manque de construction et d'accomplissement. Il découvre alors qu'il n'est rien et il va désirer devenir.


Jour 6

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Transcription :

Pour terminer cette semaine consacrée au texte de René Daumal sur le désir d'être, texte d'une telle radicalité, d'une telle densité, que chacune de ses parties nécessiterait à elle seule un long développement, incompatible avec le format de la Minute spirituelle, texte que je n'ai donc fait qu'effleurer, que paraphraser en quelque sorte, je voudrais vous partager ce qui me semble en fait l'essentiel dans ce court poème.
La prise de conscience de René Daumal, qu'il décrit, se produit à la rencontre de l'autre. C'est lorsqu'il veut un don essentiel à l'autre, que René Daumal prend conscience que dans ses possessions, il n'est rien qui vaille, que s'il essaie de se donner, il n'est pas suffisamment construit, suffisamment accompli pour être à la hauteur de ce don essentiel et c'est donc à la rencontre de l'autre qu'il découvre la nécessité d'un travail sur soi, d'un développement spirituel.

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