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La Minute Spirituelle s'est arrêtée début octobre 2023. Ce site conserve les 320 vidéos publiées et leurs transcriptions écrites.
Aujourd'hui je vous invite à découvrir mon Journal d'un chercheur spirituel, où je vous partage mes réflexions sur la vie spirituelle et l'amélioration de soi, l'état de nos sociétés et l'urgence de bâtir un nouveau monde, les héritages sacrés et les nouvelles impulsions.
L'auteur : Jérôme Nathanaël
Programme Vers la souveraineté spirituelle - 4ème semaine
L'être humain, qui a du mal à voir au-delà de son besoin immédiat, se représente fort peu l'intérêt de la constance, sauf pour obtenir une sécurité matérielle, bien peu pour son développement intérieur, encore moins pour son progrès spirituel. Il faut déjà avoir acquis un peu de maturité et s'être confronté à la difficulté de se changer ou de réaliser un projet exigeant pour admettre que seule la constance amènera la victoire.
Nos sociétés mercantiles, qui ont comme moteur la consommation effrénée et l'obsolescence des produits, nous incitent sans cesse à sauter d'un désir à l'autre, dans une quête éperdue du plaisir censée remplir nos vies. Dans cette agitation permanente, maintenir un effort patient ou être fidèle dans un engagement semble souvent bien décevant face à la nouveauté qui brille et remplit un instant notre vide intérieur.
Photo PxHere.
Photo Kateryna.
Les vidéos et leurs transcriptions : 1/6 | 2/6 | 3/6 | 4/6 | 5/6 | 6/6
Toute personne qui entreprend un projet hors de la routine de sa vie ordinaire est confronté à la nécessité de sortir de sa zone de confort. Atteindre son objectif va lui demander de dépasser ses limites habituelles et de maintenir son effort pendant une durée plus ou moins longue, selon la nature de son but. Apparaît alors la difficulté d'être constant et de continuer à avancer quels que soient les obstacles qui se présentent ou les adaptations qui deviennent nécessaires. Car sans constance, l'être humain ne peut rien obtenir, que ce soient des réalisations dans le monde matériel, des progrès dans son développement intérieur ou dans son accomplissement spirituel.
Mais nous sommes plus coutumiers de la persistance involontaire de nos habitudes parfois les plus limitantes que de la persévérance des efforts qui peuvent nous être bénéfiques. Et quand nous réussissons à être assidus sur la durée, c'est bien souvent par nécessité, comme travailler pour assurer notre existence matérielle ou étudier pour atteindre un métier qui le permettra, plus que par goût d'accomplir quelque chose qui nous grandisse et fasse appel à nos potentiels de créativité et de renouveau.
Mais si nous sortons de l'influence d'une société qui incite à courir derrière des besoins factices et prenons peu à peu conscience de la possibilité d'activer nos richesses intérieures, alors nous trouverons la motivation nécessaire pour nous engager dans un effort patient et une constance solide pour accomplir notre vraie nature et notre chemin personnel dans le monde.
La constance est un subtil composé de patience, de persévérance et de courage. Elle est patiente parce qu'elle est lucide, sur le fait que tout effort demande à s'inscrire dans la durée pour atteindre le résultat visé, même pour le plus doué des individus. Elle est persévérance devant les obstacles, et attentive à ajuster son pas pour dépasser les incidents fortuits. Elle a le courage de se relever, si elle rencontre un moment de faiblesse, et à en tirer les leçons pour mieux reprendre son avancée.
Celui qui pratique la constance doit en effet avoir l'humilité d'accepter de se remettre en cause, en observant avec sincérité ses difficultés, et la distance qu'il doit tenir, afin d'utiliser avec intelligence les talents et les ressources dont il dispose et de pouvoir compenser ses insuffisances. Ainsi il ne cesse de s'enrichira dans sa confrontation avec le réel, en cherchant subtilement à s'y adapter plutôt qu'à forcer le passage vers son but. Mieux vaut pour lui de modérer son pas et d'économiser ses forces plutôt que de foncer inconsidérément par excès d'enthousiasme et de se risquer à l'asphyxie.
Comme le grimpeur prend le temps d'examiner la voie qui est la plus sûre et d'assurer son souffle, avant de franchir un passage difficile, il essaiera d'épouser les aspérités du quotidien plutôt que d'essayer de lui imposer son exigence. C'est en cherchant en lui un espace de présence tranquille, auquel il puisse rester subtilement connecté, qu'il pourra trouver l'attitude juste et confiante à adopter devant les tracas qui se lèvent sur le chemin, et deviner avec gratitude les aides inattendues des heureux concours de circonstances.
Dans notre évolution spirituelle, pour développer nos qualités et corriger nos défauts, pour libérer nos potentiels et dépasser nos peurs, nous devons également faire preuve d'une constance optimiste et lucide, qui se renforcera à chaque petite percée vers plus de lumière, et se ressourcera dans la méditation ou l'oraison du cœur dans les moments de fatigue ou de doute. Là encore il est important de maintenir sa conscience en éveil, dans une attitude bienveillante à l'égard de soi, afin de ne pas se laisser perturber par des déceptions sur nos lenteurs ou nos reculs et d'accepter le plus sereinement possible l'impermanence de nos ressentis, tellement influençables par les circonstances extérieures.
N'oublions jamais que le chemin est long, avant de pouvoir commencer à unifier dans une seule direction de progrès la multiplicité des personnages qui prennent en nous à tour de rôle le devant de notre scène intérieure. Nous sommes comme un metteur en scène qui regarderait ses acteurs se voler sans cesse le meilleur rôle, sans avoir encore trouver le moyen de les concilier et de leur faire jouer la pièce telle qu'il la souhaite.
C'est pourquoi tel jour nous avons le sentiment d'avancer, alors que tel autre nous nous sentons subitement alourdis et hésitants, sans bien comprendre pourquoi. Essayez d'observer cela attentivement, et vous débusquerez parfois, dans une attitude ou un phénomène récurrent, une indication précieuse pour mieux gérer ou anticiper ces revirements intérieurs perturbants. Mais ce qui compte avant tout, c'est de garder confiance et de mettre un pas devant l'autre, à votre rythme.
Comme notre corps a besoin de nourriture et de repos pour traverser les années en bonne santé, notre vie intérieure nécessite de se ressourcer et de s'inscrire dans une respiration ample pour ne pas s'épuiser. Ainsi notre constance, si elle doit être sincère et déterminée, ne doit pas se transformer en une orgueilleuse et aveugle rigidité, qui viendrait détruire la force intérieure dont nous disposons pour l'entretenir.
Par une qualité d'attention fine à nos ressentis et à nos capacités, il s'agit de trouver la juste exigence que nous pouvons avoir avec nous-mêmes, qui permette de réellement marquer notre volonté et notre engagement et d'obtenir peu à peu des résultats, tout en préservant une souplesse qui évite de se briser. Le roseau qui plie dans la bourrasque se maintient sans difficulté alors que les puissants chênes finissent parfois déracinés. Ayons l'humilité du roseau, ferme dans sa résolution à tenir, mais avec cette légèreté d'épouser le vent et de jouer avec lui !
L'ardeur de notre constance n'est-elle pas finalement qu'un autre don du vivant qui nous permet d'exercer nos talents humains à évoluer et à transformer les données du réel ? Voilà pourquoi il est si important qu'elle soit orientée vers des buts nobles qui honorent le meilleur de notre condition humaine ! que notre constance soit celle du créateur qui rend grâce à l'infini des possibles d'être dépositaire d'un tel génie humain ! Puissions-nous utiliser ces forces et ces talents qui nous viennent du mystère renversant de la vie, pour nourrir un engagement toujours plus grand à éveiller notre conscience spirituelle et à propager le bonheur dans le monde !
Quand notre constance se met au service d'un but noble et spirituel, nous découvrons peu à peu qu'elle se nourrit de la synergie entre notre détermination intérieure et des forces vivantes qui nous traversent et nous dépassent, venant de l'infinie vitalité qui nourrit l'univers. Quand nous en intégrons l'idée, puis en développons le ressenti, nous commençons à nous ouvrir à une manière toute différente de nous inscrire dans l'effort.
C'est comme si cherchait à se conjuguer en nous une ouverture, une sorte d'abandon et de confiance, et une volonté aiguë, moteur d'une discipline raisonnable. Quelque chose de difficile à définir avec des mots, puisqu'il s'agit à la fois d'un relâchement et d'une tension, que viendrait équilibrer une vigilance attentive, une présence à soi-même exigeante.
Celui qui en fait l'expérience comprend que sa force intérieure grandit plus il s'abandonne, plus il se vide de lui-même, ou de ce qu'il croyait important de lui-même, et que protégeait depuis toujours sa crispation égotique. En se relâchant elle peut laisser s'éveiller d'autres dimensions de l'être. Le désordre intérieur de la personnalité acquise commence à s'organiser dans une direction unique, devenir le réceptable et le porte-parole de l'essence spirituelle. C'est elle qui en s'éveillant perçoit cette circulation de forces entre le ciel et la terre, entre l'infini de l'univers dont elle est comme une poussière et sa présence terrestre limitée dans l'espace et le temps, circulation dont elle est à la fois l'objet et le sujet, comme nous l'apprend le Rig-Veda qui nous dit : "Ô Feu tu es fils du Ciel par le corps de la Terre."
Dans la relation avec les autres, la constance est un témoignage d'engagement qui renforce les liens, un présage de fiabilité et de responsabilité qui inspire confiance. Il est toujours facile de manifester son intérêt ou sa compassion à l'égard de quelqu'un de manière ponctuelle, à l'occasion d'un événement important, heureux ou malheureux.
Mais persévérer dans son soutien ou son amour pour l'autre sur la durée, quels que soient les aléas de son existence, qu'il soit dans la joie ou le désarroi, dans l'abondance ou la pauvreté, acclamé ou déconsidéré par les autres, et lui conserver notre compassion et le bénéfice du pardon, même s'il se fourvoie dans des attitudes malheureuses à notre égard, voilà un signe de la noblesse à laquelle nous pouvons atteindre si nous élevons notre conscience spirituelle et si nous regardons notre prochain avec les yeux du coeur.
C'est cette fidélité sans faille, faite de patience et de compréhension, qui peut parfois sauver du désespoir l'ami éprouvé par l'existence, et l'aider à se rétablir dans sa dignité humaine, en reprenant les commandes de son destin. Privé de cette capacité d'attachement à l'autre, qui perdure au-delà de toute considération, et se fonde uniquement sur la conscience du caractère sacré des liens humains, rendu à l'inconstance de relations tissées uniquement par intérêt immédiat, par réflexe tribal ou par amour égoïste, l'être humain se vide de la substance même de la vie, qui est cette infinie circulation d'énergies partagées et transformées, dont notre vivre ensemble devrait sur cette terre être la réalisation la plus sublime.
© Jérôme Nathanaël
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