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La Minute Spirituelle s'est arrêtée début octobre 2023. Ce site conserve les 320 vidéos publiées et leurs transcriptions écrites.
Aujourd'hui je vous invite à découvrir mon Journal d'un chercheur spirituel, où je vous partage mes réflexions sur la vie spirituelle et l'amélioration de soi, l'état de nos sociétés et l'urgence de bâtir un nouveau monde, les héritages sacrés et les nouvelles impulsions.
L'auteur : Jérôme Nathanaël
Programme S'accueillir, célébrer, partager - 2ème partie
Prenant conscience que le sens de l'existence ne se limite ni à notre survie physique et à la recherche du bonheur matériel et affectif, ni à l'accumulation de connaissances ou de richesses et à notre statut social ou relationnel, mais s'inscrit dans un contexte qui touche à l'infini de l'univers et de ses merveilles, dont nous sommes ici les dépositaires par nos potentiels spirituels, nous accédons à un état de conscience et de présence au monde qui nous incite à transformer nos vies pour incarner concrètement ce dévoilement dans notre quotidien.
Échappant ainsi aux injonctions de nos sociétés consuméristes et désireux à présent d'honorer notre vraie nature en réalisant notre être le plus authentique, capable de ce réel amour qui nous remet en harmonie avec tout le vivant, nous entrons dans un espace de joie débordante et de célébration de la vie.
Photo Kal Visuals.
Les vidéos et leurs transcriptions : 1/6 | 2/6 | 3/6 | 4/6 | 5/6 | 6/6
On ne célèbre pas la vie en la dévoyant par des pensées égoïstes ou des sentiments mesquins ou en étant obsédé par sa seule personne, mais en s'élevant au dessus de nos instincts primitifs, pour se construire comme un être sublime et spirituel qui se remet en harmonie avec la totalité du vivant et des êtres. En nous engageant dans une démarche d'éveil à notre essence profonde, et en faisant effort pour se maintenir dans un état de présence active au monde et à nous-mêmes, progressant ainsi vers une vraie connaissance de notre fonctionnement, nous pouvons peu à peu trouver la force d'échapper aux peurs viscérales et ancestrales qui nourrissent nos automatismes de protection et d'avidité et nos angoisses face à l'impermanence de toutes choses et à l'instabilité de notre condition humaine.
En passant peu à peu d'un état de conscience qui fonctionne dans la séparation et l'opposition, caractéristiques de notre expérience d'un monde perçu comme fragmenté, dont notre espace intérieur, fermé comme une citadelle, n'intègre qu'une part infime, à une conscience ouverte qui se perçoit en lien avec chaque parcelle du vivant qu'elle reconnait comme proche, nous nous disposons à accueillir la vie dans toutes les richesses de ce qu'elle peut nous révéler. Cessant de projeter sur chaque événement nos jugements, nos inquiétudes et nos frustrations, nous pouvons aborder notre existence de manière plus détachée et plus confiante et deviner avec plus de clarté comment nous adapter à ce qu'elle nous propose plutôt que de chercher à la forcer ou à lui résister.
Ainsi, tel un parapentiste qui sait épouser les courants ascendants pour s'élever, se maintenir dans les airs et poursuivre son vol vers sa destination, nous développons peu à peu une intuition fine de l'attitude juste à adopter face aux fluctuations des événements et aux difficultés du quotidien. Les aléas de l'existence deviennent des occasions de progrès où nous exerçons notre capacité à nous maintenir dans un état intérieur de stabilité et de tranquilité. En agissant ainsi nous parviendrons à respecter l'intégrité spirituelle de notre personne, à accueillir les autres avec patience et bienveillance et à nous inscrire dans le continuum du vivant en honorant son caractère sacré.
J'ai toujours été très touché par ces peuples qui ne prélèvent de l'abondance du monde naturel que le strict nécessaire pour leur survie matérielle. Je pense par exemple aux Indiens d'Amérique qui, lors de leurs campagnes de chasse, tuaient juste le nombre de bisons utiles à leur alimentation et à leur habillement en les remerciant d'offrir leur vie, témoignant ainsi de leur perception du sacré de l'existence, alors que les envahisseurs occidentaux jonchaient les grandes plaines de cadavres d'animaux tués par plaisir. Idem chez les Inuits du Groenland dont Jean Malaurie, ethno-historien et géographe aujourd'hui âgé de 100 ans, qui partagea en 1950 leur mode de vie alors éloigné de la technologie, raconte qu'ils chassaient le phoque en petit nombre et dans le plus grand respect, bien loin là encore des massacres perpétrés plus tard pour fournir l'industrie du luxe.
Il faut bien admettre que nos sociétés dites évoluées ont totalement oublié cette attitude pleine de retenue et de déférence à l'égard des merveilles du vivant. La société de consommation porte bien son nom, plus nous avons plus de moyens et plus nous consommons, n'hésitant pas à acheter tellement de choses inutiles qui épuisent les ressources de cette belle planète. Et combien de gens modestes ne rêvent que d'avoir plus et jalousent les plus aisés dont ils voudraient prendre la place ! Peut-être est-il urgent de redécouvrir cette sobriété qui donne tant de la valeur au peu que l'on possède, nous allège de tant de soucis liés au désir d'avoir et laisse enfin de l'espace pour s'accueillir pleinement, cultiver son jardin intérieur, redevenir vraiment créateur de sa propre vie, s'occuper de ses proches et participer à sa mesure à l'amélioration du monde !
Célébrer la vie, c'est aussi préserver la beauté du monde en faisant des choix nécessaires, et plutôt s'émerveiller de l'envol d'un papillon ou du chant d'un oiseau, que d'être esclave de désirs inutiles qui nous poussent à courir pour acheter le dernier Iphone ou une énième paire de chaussures. Célébrer la vie, c'est honorer la merveille que je suis, que vous êtes, que nous sommes tous, si nous vivons à hauteur d'homme, conscients de marcher sur cette terre pleine des trésors qui nous sont confiés, avec des larmes de joie et de gratitude coulant sur nos joues.
Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de la lenteur. La sobriété concerne notre rapport à la quantité, à ce que nous consommons pour notre vie matérielle mais aussi pour nos plaisirs et nos distractions, et s'il est nécessaire de la pratiquer pour sortir de la boulimie et redonner sa valeur à chaque chose, la lenteur nous parle elle d'une autre manière de nous engager dans notre quotidien et d'y agir. Dans nos sociétés où tout va toujours plus vite, l'information, les déplacements, les prises de décision, et où les "ressources humaines", terme qui dit bien la chosification de l'humain, doivent sans cesse augmenter leur efficacité professionnelle, notre tempo personnel doit parfois s'accélérer de plus en plus pour pouvoir assumer les multiples contraintes de notre journée.
Cet emballement de nos existences a des conséquences dramatiques sur notre vie intérieure et relationnelle et amène certaines personnes jusqu'au burn-out, une des nouvelles maladies qui remplissent les cabinets des thérapeutes. C'est pourquoi il est urgent de s'autoriser à la lenteur dés que possible. Tout d'abord en s'organisant pour préserver des moments dédiés à se retrouver soi-même, par exemple ne vous jetez pas à peine réveillé dans votre journée, mais levez-vous un quart d'heure plus tôt pour avoir le temps de sentir votre corps, faire des étirements ou de la méditation, ou simplement visualiser paisiblement votre planning du jour. Dans vos activités quotidiennes, ménagez des mini-pauses pour fermer les yeux, vous reconnecter à votre corps et le détendre, prendre de profondes respirations.
Et surtout, comme bien souvent vous ne pourrez échapper aux contraintes liées à la vie professionnelle et familiale, essayez de garder la sensation de votre corps, d'être attentif à tout ce que vos sens peuvent vous offrir, d'être donc pleinement présent à tout ce que vous vivez. Si vous prenez un thé ou un café, regardez sa couleur et sa texture, goûtez finement sa saveur, observez la tasse et manipulez-la de façon consciente ! Et dîtes merci pour toute cette richesse ! En affinant ainsi votre relation avec l'instant que vous vivez, vous apprenez à vous presser lentement si j'ose dire, vous faire grandir en vous un petit endroit immobile et tranquille d'où vous entrer dans le flux de l'existence, plutôt que d'être emporté par lui. C'est aussi cela célébrer la vie !
Si vous commencez à rester tranquille, même au milieu de l'agitation, et réussissez à vous presser lentement, c'est-à-dire en habitant cet espace intérieur d'où vous entrez dans la vie plutôt que d'être emporté par elle et jeté hors de vous-même, vous allez découvrir que vous pouvez à chaque instant avoir une qualité d'attention qui vous révèle des aspects insoupçonnés des choses et des personnes. En apprenant à vous contenter de regarder, d'écouter et de ressentir de manière subtile chaque situation, et de recevoir de manière ouverte tout ce qu'elle vous propose, sans projeter immédiatement sur elle les filtres déformants de votre culture, de vos préjugés ou même de vos idées, vous allez accéder à un niveau de perception qui donnera une densité nouvelle à votre existence.
N'étant plus en permanence court-circuitée par le fonctionnement extrêmement assourdissant du mental, votre intuition va pouvoir se développer et s'affiner pour devenir un outil de connaissance du réel vraiment pertinent. Non seulement le visible va prendre un relief plus marqué et vous allez voir des détails qui vous auraient auparavant totalement échappé, mais vous allez également recevoir des indications qui relèvent de l'invisible, comme par exemple percevoir l'énergie des personnes et des lieux, développer une faculté d'empathie où vous devinerez l'état intérieur de l'autre, et réussirez à anticiper ses questions ou ses réserves à un propos.
Tous ces éléments nouveaux vont vous donner une meilleure compréhension du monde et vous permettre de prendre des décisions plus justes par rapport à vos réels besoins, à la fois pour vous adapter au mieux à vos conditions de vie et en tirer le meilleur, mais également pour faire les choix les plus propices à votre développement intérieur et spirituel. Étant plus éveillé et plus présent, vous ne négligerez plus aucun des enseignements que vous propose l'existence, et commencerez à repérer les schémas récurrents dans votre parcours, et à pouvoir échapper progressivement à vos conditionnements psychiques et à vos automatismes.
En devenant plus attentif à la diversité subtile du réel dans toutes ses dimensions, et à l'évidence de tout ce qu'il nous transmet, vous avancerez pas à pas vers l'accomplissement de vos potentiels les plus intimes, faisant ainsi honneur à l'infinie richesse de la vie.
Célébrer la vie, c'est donc cultiver un état intérieur qui nous dispose à en discerner toutes les merveilles et à conformer notre existence à la gratitude que cela peut nous inspirer. Dans cet état de présence attentive, nous allons peu à peu accéder à une ouverture du cœur qui devient propice à l'expérience de la joie spirituelle. Chacun la vivra différemment, selon son tempérament et son organisation interne. Par exemple, il m'arrive, quand je regarde le monde vivant, d'être traversé par d'intenses élans d'allégresse, en haute montagne devant la majesté des massifs qui m'entourent, mais également en ville, à l'écoute d'un chant d'oiseau sous l'ombrage tranquille d'un arbre, ou en croisant dans la rue le regard rieur d'un enfant.
Les occasions de s'émerveiller de la beauté du monde ne manquent pas, à l'échelle de l'immense comme à celle de l'infime, dans l'espace naturel comme dans la fréquentation humaine. Observer le labeur incessant d'une colonie de fourmis, plonger mon regard dans l'infini des étoiles ou voir un visage éclairé par l'amour me transporte parfois dans un état de gratitude et de félicité, dont l'illustration la plus juste serait de me mettre à danser ou à tournoyer sur moi-même comme les derviches soufis, jusqu'à ce que la transe m'emporte. Pourtant je reste tout à fait conscient des souffrances, des guerres, des famines, des oppressions et de toute la violence déchaînée ou larvée qui depuis la nuit des temps jusqu'à aujourd'hui souillent la splendeur du monde. Et j'entends comme nous tous la rumeur incessante des mauvaises nouvelles, des manipulations et des colères qui s'accumulent dans nos sociétés et les dangers terribles qui se lèvent à l'horizon de notre futur proche.
Mais cela n'altère jamais de manière durable mon optimisme, car ces réalités affligeantes relèvent du temporel et de l'impermanence alors que je sens comme une évidence que cette joie qui déferle apparaît quand quelque chose d'indéfinissable en moi, que peut-être je pourrais appelé l'âme, entre en résonance subtile avec la vie infinie de l'univers, qui est liesse et éternité. Durant ces moments bénis, je ne me sens plus séparé de rien ni de personne, un espace nouveau s'ouvre, où tout est présence vivante, limpide et lumineuse. Je lâche totalement prise sur tous les aspects négatifs, car il n'y a alors ni positif ni négatif. Je décroche du mental pour être une corde vibrante dans l'immense. Cela est et je suis cela, rien que l'unité du vivant, sans avant ni après.
Ces moments de grâce sont comme respirer l'air pur des sommets, mais il faut redescendre à un moment ou à un autre. Ces cadeaux sont donnés au bout de l'effort de travailler sur soi-même, et seulement pour nourrir le courant d'amour qui nous traverse et nous pousse à faire ensuite partager cette espérance vivante. Mais plus tard, dans les temps plus communs ou plus difficiles, le souvenir de ces petis miracles nous évite de tomber dans le doute et de céder aux forces sombres qui nous entourent.
Dans cette alternance de moments de croissance et de lumière et d'autres plus sombres et plus lourds qui occupe nos vies humaines, il est parfois difficile de rester dans la joie et la célébration et de résister à l'inertie qui nous gagne, quand nous sommes repris par l'humeur maussade du monde actuel, particulièrement manifeste dans l'espace citadin. Il nous reste alors le recours de la confiance et de la patience, et d'éviter de céder aux sirènes de l'époque qui voudraient que nous puissions satisfaire toute avidité dés qu'elle nous saisit.
Même le désir d'être peut devenir excessif et être une forme de rapacité, s'il ne s'accompagne pas de l'acceptation humble de n'être que là où nous en sommes, de ne pas prétendre faussement à un statut qui n'est pas le nôtre, et d'avoir à l'égard de soi une attitude mesurée. Combien de personnes trop pressées se sont laissé piéger dans les mirages de l'illusion sur soi et sont restées enfermées dans le palais de brouillard de leur fausse réalisation, qu'elles se cachent en se gonflant d'orgueil.
Mais dans les trous d'air, dans ces passages où notre envol semble perdre de la portance et où nous subissons une brusque et déroutante perte d'altitude, une belle manière de continuer à honorer la vie dans toute sa diversité et sa richesse est de garder confiance, en accueillant avec équanimité la difficulté qui apparaît. Dans chaque revers de fortune, dans chaque épreuve, se trouve l'occasion de nous prouver à nous-mêmes notre engagement et notre persévérance, et de transformer une part de nous-mêmes que nous n'avions pas encore abordée.
L'être humain est ainsi fait qu'il se construit essentiellement contre, en se confrontant à lui-même et aux événements de son existence, dans laquelle l'adversité n'est souvent qu'une alerte pour réveiller les êtres, les obliger à se remettre en cause et à progresser, et l'obstacle ce qui va nous forcer à trouver en nous des forces insoupçonnées, même s'il est évident qu'il y a une limite au delà de laquelle les situations peuvent devenir destructrices. C'est souvent une fois le gué tumultueux franchi, quand nous abordons à l'autre rive et commençons à explorer l'espace nouveau qui s'ouvre devant nous, armés de tout de que nous avons gagné dans cet effort, que nous comprenons le sens de ce que nous venons de vaincre.
Ainsi, en ayant confiance en nos capacités d'adaptation et en l'immense générosité de la vie, même si ses messages sont parfois douloureux et difficiles à accepter et à assumer, et en nous installant fermement dans la patience de celui qui marche obstinément vers son but, sans se laisser détourner par les illusions et le découragement, nous témoignons de notre reconnaissance à l'égard du vivant et célébrons sa splendeur.
© Jérôme Nathanaël
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