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La Minute Spirituelle s'est arrêtée début octobre 2023. Ce site conserve les 320 vidéos publiées et leurs transcriptions écrites.
Aujourd'hui je vous invite à découvrir mon Journal d'un chercheur spirituel, où je vous partage mes réflexions sur la vie spirituelle et l'amélioration de soi, l'état de nos sociétés et l'urgence de bâtir un nouveau monde, les héritages sacrés et les nouvelles impulsions.
L'auteur : Jérôme Nathanaël
Programme S'accueillir, célébrer, partager - 1ère partie
Combien il est difficile de s'accueillir totalement et inconditionnellement et de se traiter avec bienveillance et d'en ressentir de la joie ! Quelque soit le sens et le but que nous donnons à notre vie, nous ne cessons de maugréer contre nous-mêmes, sans cesse insatisfaits voire en colère face à nos insuffisances, nos faiblesses ou nos fragilités.
Et nous sommes souvent portés à nous déprécier à l'aune des critères qui nous ont été transmis par notre éducation ou à nous mésestimer par rapport aux modèles valorisés par la culture ambiante. Alors nous nous mentons à nous-mêmes pour moins nous décevoir plutôt que d'essayer de voir en toute sincérité qui nous sommes vraiment.
En apprenant à nous aimer tels que nous sommes sans nous juger, nous trouverons la force de travailler sur nous-mêmes pour progresser patiemment vers notre réalisation.
Photo Tabitha Turner.
Les vidéos et leurs transcriptions : 1/6 | 2/6 | 3/6 | 4/6 | 5/6 | 6/6
Quiconque est en situation d'être à l'écoute des êtres humains et de leurs confidences découvre rapidement combien est partagé par le plus grand nombre le désamour de soi. Beaucoup de personnes, dont toutes les apparences laisseraient facilement penser qu'elles sont pleines d'assurance, se révèlent, dans l'intimité amicale ou le secret d'un cabinet, en plein désarroi et manque d'estime d'elles-mêmes. Tous les jours vous croisez dans les rues, au travail, au restaurant ou ailleurs, des êtres qui font des efforts terribles sur eux-mêmes pour se donner bonne figure et tenir leur rôle en famille ou dans la société mais qui pleurent en secret quand ils se retrouvent seuls dans la nuit.
Et il y a plus triste encore, il y a ceux qui ne supportaient plus d'être en insécurité avec eux-mêmes et qui ont fini par ne plus se fréquenter. Ils se sont inventés un personnage auquel ils sont tellement identifiés qu'ils le croient être eux-mêmes et qu'ils l'affichent avec l'outrecuidance des nantis, car ils sont devenus quelqu'un. Peut-être se retrouveront-ils un jour face à leur vérité, si l'univers leur fait la grâce de renverser, par un accident, une maladie ou une épreuve autre, toute leur belle construction illusoire, avant qu'arrive l'heure de leur mort où tous les mensonges sont révélés.
Ainsi les plus orgueilleux, les plus tape-à-l'œil, ou ceux qui seraient prêts à la violence pour défendre leur soi-disant honneur, sont souvent en réalité les êtres les plus dépourvus d'eux-mêmes. Finalement que de souffrances et de larmes, que de palais factices bâtis sur le vide, que de temps perdu pour des choses inutiles, à cause de la perte de soi, de la déconnexion d'avec son être le plus profond, pour essayer d'être conformes à l'air du temps ou au goût de la famille, et assurer sa place dans la société.
Et par peur de manquer, de reconnaissance, d'amour, de sécurité ou de confort, on renonce peu à peu à être vraiment soi-même et on finit par se perdre tellement de vue que quelque chose se déchire à l'intérieur de soi et saigne et pleure. Mais pour celui qui ose retourner à la rencontre de lui-même et qui apprend à s'accueillir en vérité sans se juger, s'ouvre la possibilité de tout transformer et de trouver la joie de celui qui accomplit son vrai chemin de vie.
Si vous êtes dans le désamour de vous-mêmes, vous dévalorisant, doutant de vos possibilités ou vous jugeant sévèrement, peut-être avez-vous manqué d'attention et d'encouragement durant l'enfance, ou votre chemin vous a mené loin de vos désirs et vous ne vous supportez plus, vous avez le dégoût de vos erreurs ou encore votre existence a percuté un inattendu qui a brisé toutes vos constructions intérieures. Alors arrêtez-vous un instant et commencez à faire la liste de ce qui en vous mérite que vous en soyez fier et que vous pouvez reconnaître comme étant vraiment vous-mêmes.
Même dans la pire situation, il y aura toujours une petite chose en vous dont vous pouvez être fier, un petit endroit où votre lumière éclaire encore. Faîtes ce constat de vous-même à vous-même, sans faire intervenir aucune autre considération, sans comparer ce que vous trouvez à ce qu'en penserait untel ou untel ou ce qui se dit dans la société. Et remerciez-vous pour cela, simplement parce que vous le méritez, et remerciez la vie, l'univers, D.ieu, les extra-terrestres, le hasard, que sais-je ? selon votre façon de voir. Remerciez parce que vous êtes vivant et que vous avez cette richesse en vous que vous venez de reconnaître.
Vous êtes cette personne unique et indispensable qui a cette merveille en partage en elle et qui, à partir de cet instant pleinement ressenti, peut porter sur son existence un autre regard, et progressivement retrouver le chemin de son être le plus essentiel. Imprimer en vous ce ressenti pour pouvoir y revenir car c'est une petite révélation personnelle que vous venez de vivre, qui vous donne la clé pour faire un pas de côté et regarder avec lucidité les forces de mort qui usurpent votre dignité et votre puissance.
Pour vous aider, prenez un cahier et notez ce que vous avez trouvé, commencez à écrire une autre histoire de vous-mêmes, à imaginer tout ce que vous pourrez construire sur ce petit socle qui est bien à vous. Et réjouissez-vous ! vous entrez dés à présent dans la confrérie de ceux qui travaillent à faire de leur vie un chef d'oeuvre, ces artistes qui se lèvent à tout âge et en tout lieu pour simplement devenir le meilleur d'eux-mêmes et dont les efforts accumulés vont bientôt illuminer le monde !
C'est en cessant de prêter l'oreille aux considérations de la société, à l'agitation de ses mauvaises nouvelles et aux colères qu'elles engendrent, aux mystifications qui s'y propagent et aux dévotions inutiles qui y sont entretenues, pour porter simplement votre regard vers l'intérieur de vous-mêmes, que vous pourrez accueillir plus facilement ces aspects de votre nature et de votre existence qui peuvent être l'objet légitime de votre fierté et de votre estime. Vous n'avez pas à les mesurer aux critères de l'époque, qui ne sont que fictions passagères comme toutes les modes, ni aux attentes de votre réseau ou de votre famille, qui projettent sur vous leur propre statut social, leur lecture du monde, leur imaginaire et leur héritage.
Si vous vous laissez aller au jeu de dupes de la comparaison à l'une ou l'autre de ces injonctions implicites, vous faites dépendre votre considération de vous-mêmes d'un palais de miroirs, où vous verrez votre visage tour à tour enlaidi ou magnifié, mais il sera toujours déformé, vous faisant perdre immédiatement le bénéfice de connaitre qui vous êtes vraiment. Apprenez à vous placer sincèrement devant vous-mêmes, sans intercesseurs pour vous dire quelles sont votre valeur et votre stature, et à écouter attentivement votre voix intérieure sans vous mentir. Peu à peu, en pratiquant ce dialogue avec vous-mêmes, vous allez accéder à votre intériorité profonde et réussir à estimer librement là où vous méritez votre propre fierté et là où vous pouvez progresser, là où vous vous êtes respecté et là où vous avez perdu la trace de ce qui est juste pour la personne que vous êtes.
Il ne s'agit pas de cultiver un nouvel égoïsme de bon aloi et d'être indifférent aux autres, ou de se séparer orgueilleusement du monde et de rejeter tout conseil, mais de se placer au centre de soi en toute dignité pour atteindre à sa propre réalité. Et si finalement vous vous découvrez différent, dans vos désirs profonds ou vos idées personnelles, et décalé par rapport au consensus implicite de votre milieu, n'en faites pas une cause de discordance, soyez vous-mêmes tranquillement, sans opposition, vivez pleinement avec ceux qui comptent pour vous, tels qu'ils sont.
Dans la pratique du dialogue avec soi, plus vous commencez à vous dégager, dans votre appréciation de vous-mêmes, de la considération des autres et des modèles culturels qui vous ont influencé, plus vous découvrez à quel point leur emprise fausse l'image que vous avez de vous et constitue un obstacle à une juste connaissance de soi. C'est en restant au plus près de vos ressentis et de vos intuitions et en accueillant vos richesses comme vos fragilités sans porter le moindre jugement, que vous pouvez réellement accéder à une vision claire de vous-mêmes.
Dans ce processus de retour à soi, vous allez également échapper au stress, aux inquiétudes et aux insatisfactions, conséquences de votre dépendance à ces instances extérieures à vous-mêmes, qui généraient un besoin de compensation par des distractions multiples voire des addictions, pour fuir le plus possible ce tribunal qui avait prise sur vous. C'est une tout autre attitude qui devient possible, où vous pouvez accepter de voir des aspects de votre fonctionnement ou de votre intériorité que vous jugiez auparavant dévalorisants sans maintenant donner prise à une réaction négative, vous contentant de les observer pour les comprendre et les évaluer à partir de votre ressenti intime.
Ainsi vous pouvez descendre de plus en plus profond dans votre espace intérieur, traversez des lieux que vous n'aviez jamais parcourus car ils étaient occultés par vos peurs et vos préjugés sur vous-mêmes. C'est comme l'enfant oppressé la nuit par la peur des monstres qu'il croit cachés dans les placards et sous son lit, et qui le matin en pleine lumière découvre qu'ils n'existent pas et qu'il n'y a dans les placards que des choses familières et précieuses.
Beaucoup de nos peurs, de nos renoncements et de nos doutes sur nous-mêmes ne sont que des fantômes que nous imaginons hanter notre demeure car nous ne la connaissons pas. Nous restons terrés dans quelques pièces où il fait plus clair, évitant de traverser certains couloirs, de descendre à la cave ou de monter au grenier. Si nous nous risquions à découvrir tout notre domaine et même ses jardins, nous aurions tellement plus d'occasions de nous émerveiller de toutes nos ressources et d'en tirer de la joie !
En progressant dans notre recherche de la part la plus authentique de nous-mêmes, cet espace intérieur où peut se révéler ce qui en nous préexiste à l'influence de la famille et de son héritage psycho-généalogique et à l'imprégnation des manières d'être qui ont court dans notre environnement culturel et social, nous découvrons une à une les différentes épaisseurs qui ont sédimenté en nous au cours de notre expérience de vie pour constituer notre personnalité actuelle.
Comme lors d'une fouille archéologique, nous mettons à jour des objets qu'il nous faut identifier et dont nous devons documenter la provenance. À chaque nouvelle strate apparaissent de nouveaux éléments qu'il faut tirer de l'oubli qui les recouvre pour constituer peu à peu tout un corpus de connaissances qui prend sens au fur et à mesure qu'il grandit. Puis vient l'exploration géologique et le besoin de clarifier les strates et les mouvements de terrain sur lesquels se sont déroulés tous ces événements dont ces vestiges sont les témoins.
À chaque pas dans la découverte de soi, de nouveaux détails viennent éclairer la vision d'ensemble que nous avons de nous-mêmes et plus nous prenons de recul en évitant de porter un jugement sur ce que nous découvrons, plus ces détails peuvent enrichir le tableau d'ensemble. Dans ce dialogue avec nous-mêmes, nous apprenons à être subtilement à l'écoute de notre vie intérieure et à laisser s'exprimer toutes les voix que nous avions jusqu'alors maintenues dans le silence, résistant à accueillir la totalité de nous-mêmes pour préserver notre posture de sécurité.
Grâce à ces voix, nous trouvons le chemin pour descendre de plus en profondément dans notre demeure intérieure, jusqu'à explorer des parties totalement inconnues où se dévoilent des désirs, des potentiels, des intuitions que nous avions négligés, n'osant pas les suivre ou ne leur accordant pas d'importance qu'ils méritaient. Dans cette reconnexion progressive avec notre être global, nous commençons à mieux identifier ce qu'il nous est nécessaire de développer pour progresser vers l'accomplissement de nous-mêmes et ce qui fait obstacle au déploiement de nos richesses.
Cette attitude plus saine et constructive, où nous choisissons en conscience l'orientation de notre vie et faisons nos choix à partir de ce que nous sommes réellement et non pour conjurer nos peurs de manquer, de ne pas être reconnu ou d'être différent, devient une source d'équilibre, de paix intérieure et de joie profonde d'avancer sur notre propre chemin de vie.
Les bouddhistes nous disent que nous avons la nature de Bouddha en nous, c'est-à-dire que nous avons en nous l'éveil spirituel, la compréhension de la vraie nature du monde et la compassion à l'égard de tous les êtres. Mais nous n'en avons pas conscience et sommes au contraire crispés sur les autres identités acquises au cours de notre existence, avec leurs cortèges d'attitudes, d'émotions et de représentations mentales, et cela engendre beaucoup de frustrations et de souffrances. Pour nous rapprocher d'un état intérieur plus serein et plus stable, qui sera encore bien loin de la simplicité première de cette nature, nous devons discerner les nombreuses strates de notre personnalité, pour peu à peu lâcher prise de ces rôles multiples que nous habitons tour à tour dans notre quotidien.
Plus encore, dans un autre langage, la Genèse, premier livre de la Bible, nous rappelle que nous sommes "à l'image et à la ressemblance de Dieu". J'entends le mot Dieu comme l'infini du vivant doué d'une conscience, et le recours à l'étymologie de l'hébreu, langue dans laquelle ce livre est écrit, suggère que nous en serions non pas une image, mais une ombre projetée dans la dimension limitée de l'espace-temps, et non pas une ressemblance mais comme modelé sur la même structure que cet infini. Ainsi on peut comprendre que nous sommes dépositaires de ces mêmes ressorts extraordinaires, de ces qualités infinies qui activent l'univers, traversés par cette énergie d'amour qui nourrit chaque élément du vivant et que nous devrions donc incarner dans nos propres vies, et connectés en permanence avec l'unité de la vie dans son ensemble et sa diversité.
Prendre conscience de celà, ressentir cette émotion sacrée qui nous saisit devant cette réalité vertigineuse, et cherchez à tenir dans cet état de présence et d'ouverture, nous délie de tant de choses qui nous encombrent et nous privent de pouvoir nous accueillir pleinement. Nous nous éveillons à une qualité de vie où la joie peut être débordante car nous commençons alors à honorer notre véritable identité humaine et à avancer dans une plénitude où tout est relation vivante et où chaque instant est un nouvel enseignement.
© Jérôme Nathanaël
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