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La Minute Spirituelle s'est arrêtée début octobre 2023. Ce site conserve les 320 vidéos publiées et leurs transcriptions écrites.
Aujourd'hui je vous invite à découvrir mon Journal d'un chercheur spirituel, où je vous partage mes réflexions sur la vie spirituelle et l'amélioration de soi, l'état de nos sociétés et l'urgence de bâtir un nouveau monde, les héritages sacrés et les nouvelles impulsions.
L'auteur : Jérôme Nathanaël
Celui qui revient d'une longue retraite dans un lieu déconnecté est abasourdi de ce qu'il redécouvre en regardant la télévision ou internet. Rumeurs, partis pris, poncifs et injures règnent souvent dans les médias ou les réseaux sociaux, là où seraient espérés dialogues et intelligence.
Mais qui prend encore le temps, dans ce monde de l'instantané, de réfléchir par lui-même avant de rejeter celui émet un avis différent ? Plus souvent il adopte inconsciemment le point de vue, l'amour ou la détestation de quelqu'un ou quelque chose en fonction de son milieu familial, culturel, professionnel et s'oppose à celui qui se positionne autrement.
Ce dialogue de sourds entre personnes enfermés dans leurs préjugés est source de beaucoup de confusion et de tension dans les relations humaines.
C'est le sujet de la 19ème semaine de la Minute Spirituelle.
Photo : Georges Muresan.
Les vidéos et leurs transcriptions : 1/6 | 2/6 | 3/6 | 4/6 | 5/6 | 6/6
Pour cette 19ème semaine de la Minute Spirituelle, je vais vous parler de ces préjugés qui nous empêchent de connaitre la réalité des personnes et des situations. Un préjugé c'est un a-priori, une idée préconçue ou une idée reçue, projeté à la hâte sur quelqu'un, quelque chose ou une situation, d'une manière quasi réflexe et sans questionnement. Nous avons jugé et évalué cette personne, cette chose ou cet événement sans prendre le temps d'approfondir notre première impression ni de réfléchir.
Le préjugé agit comme un filtre déformant qui nous prive de l'accès à la réalité de cette personne ou de cette situation et détermine l'intérêt, l'indifférence ou le rejet que nous lui accordons. Une fois le couperet du préjugé tombé, ma possibilité de connaître et comprendre est faussée, car tout ce que la personne pourra dire et faire, tout ce que la chose représente ou ce que la situtation me propose, recevra une interprétation plus ou moins consciente déterminée par les contenus figés de mon préjugé. Me voilà enfermé hors de la réalité.
Si je me laisse inconsciemment piégé par un préjugé quand je rencontre quelqu'un, je m'enferme dans une lecture de la personne dont il me sera ensuite difficile de me défaire. Dans certains cas il est même possible que je n'entende plus exactement ce que la personne me dira et que je finisse par penser qu'elle a exprimé précisement ce que mon préjugé me raconte. Je vais me mettre à déduire de ses propos des éléments dont je suis persuadé qu'elle les pense, car j'ai prédéterminé par mon préjugé un contexte d'interprétation qui suppose de sa part un certain type de pensée ou d'intention.
Après m'être enfermé par la puissance de mon préjugé dans une certaine perception de l'autre, voilà que je l'enferme à son tour et qu'il aura beau se débattre et essayer de se faire comprendre, que je ne le laisserai plus sortir de la prison où je le tiens. Et cela se produit que mon préjugé soit favorable ou défavorable, dans les deux cas ma compréhension est faussée et mes comportements seront également inadaptés.
Le préjugé défavorable, tel un préjugé de dédain envers les personnes modestes chez un homme de pouvoir, est plus facile à comprendre que le préjugé favorable que j'évoquais hier. Un préjugé favorable consiste à avoir un a priori positif pour une personne ou une situation, en raison par exemple d'une influence extérieure qui n'a pas été conscientisée.
Telle personne votera pour tel candidat sur la base de l'enthousiasme d'un proche ou parce qu'il a une bonne tête, sans être aller voir le programme. Un autre croira incontestable la vérité proclamée par celui qui se présente avec une auréole de sage. Alors que l'homme de raison, qui veut connaître le réel et préserver sa liberté intérieure, recevra ce qui se présente à lui d'une manière attentive et neutre.
Il prendra le temps de s'interroger avant d'opter pour une attitude consciente et réfléchie. Et cela ne l'empêche ni d'être affable et accueillant s'il rencontre quelqu'un, ni de se laisser traverser par ses émotions dans la situation qu'il vit.
Un préjugé négatif à l'égard de quelqu'un empêche d'établir avec cette personne une relation féconde. Il entraine une confusion qui peut dégénérer en violence. Mais quand un préjugé se porte sur une communauté et qu'il est adopté par le plus grand nombre, les conséquences deviennent terribles. Les plus grands massacres et les pires dominations ont été provoqués par la puissance destructrice de préjugés collectifs, alimentés par des puissants qui leur ont donné l'apparence de doctrines argumentées.
L'antisémitisme qui justifie les progroms sur le chemin des croisades et le génocide des juifs européens au XXème siècle ou le racisme qui autorise la réduction en esclavage de millions d'africains dans les plantations du sud américain ne sont que quelques exemples parmi d'autres des ravages que produit la généralisation d'un préjugé.
C'est pourquoi le plus infime préjugé est comme une plante vénéneuse que l'homme de paix doit s'efforcer de voir en lui pour l'arracher de son coeur et de son esprit avant qu'il ne l'endorme comme le chant des sirènes.
Ainsi les préjugés peuvent aveugler un individu et contrarier une relation, ou plus dramatiquement contaminer un peuple entier et provoquer les pires atrocités, comme l'a montré l'histoire.
Il existe aussi les préjugés par rapport à soi, dont les causes peuvent être multiples, éducation, histoire personnelle, environnement relationnel. Ils auront par exemple pour conséquence de se surestimer ou au contraire de manquer de confiance en soi, et cette mauvaise évaluation pourra nourrir d'autres tendances, telles l'imprudence ou l'orgueil d'un côté, ou la peur et le repli sur soi de l'autre. Là encore ils constituent un filtre déformant qui prive la personne d'accéder à ce qu'elle est réellement et d'épanouir ses potentiels.
Ces préjugés-là n'abdiquent qu'après un long et patient travail sur soi, qui demande d'abord de réussir de s'extraite du flux de l'existence pour s'observer et les surprendre en acte. Il devient alors possible de cesser peu à peu de leur donner de la force et de commencer à construire avec soi une attitude plus juste, pour pouvoir s'en libérer.
Résumons nos réflexions de la semaine. Les préjugés sont reçus de manière inconsciente par l'individu, ils créent un voile d'illusions, un prisme déformant, entre lui et la réalité. Ils témoignent d'une absence de réflexion et d'une inconnaissance de soi qui montrent à quel point nous fonctionnons souvent en mode automatique, tout en étant persuadés d'être aux commandes de nos vies. Ils surgissent subitement et qu'ils se portent, de façon négative ou parfois positive, sur une chose ou une situation, une personne ou un groupe, voire sur soi, ils choisissent à notre place l'attitude que nous adoptons de manière mécanique.
Ils se propagent comme des virus et contaminent les personnes dont l'esprit somnole et peuvent ainsi amplifier les peurs les rumeurs ou les haines collectives ou créer les popularités et les servitudes. En commençant à se libérer de nos préjugés, nous libérons peu à peu le monde de cette pandémie terrible, contre laquelle le seul remède est l'intelligence critique.
© Jérôme Nathanaël
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